Un article de Mutations bien énervant
03/12/2008
Si vous avez lu cet article de Mutations, vous comprendrez pourquoi ce genre d'articles m'énerve:
1- L'article se contente de narrer la violence subie par les femmes, quelques jours à peine après la journée de la femme. C'est quand même un comble d'autant plus que l'article est écrit par une femme (Ariane Julie Nkoma)
2- L'article relate cette violence comme étant normale. Puisque la femme se prend des blessures, l'enfant est hospitalisé, mais de la suite quant au mari-violent, il n'est jamais question. Implicitement, l'article laisse penser que battre sa femme à mort est normal, et n'est passible d'aucune punition
3- Le titre devrait plutôt ressembler à "5 ans de prison pour avoir battu sa femme" ou quelque chose comme ça.
On ne peut pas présenter la violence de la sorte, sans rappeler à chaque fois les punitions qui s'en suivent; sinon, les jeunes garçons qui lisent ça vont penser que c'est somme toute normal.


6 Comments Add your own
1. Septox | 03/12,2008
je soutiens Nino dans cet article et en profite pour exhorter de genre de "journalisme" a un peu plus de visions et de projection dans la societe.
car le grand chef des indiens (Wikipedia) dit ceci:
(ah oui faut l'ecouter souvent)
"le journalisme est l'activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l'attention du public à travers les média."
2. Menoosha Susungi | 03/18,2008
Je comprends ta colère. Mais qui sait si cette journaliste était libre d'écrire comme elle le voulait? Nous savons tous la liberté de presse, c'est une idylle!
Stay blessed, Menoosha
3. Axelle | 03/23,2008
J'ai lu l'article et si je puis me permettre, je pense qu'il faut être indulgent(e) avec son auteure.
Tout d'abord parce que c'est une stagiaire - cela est mentionné au début de l'article, à côté de son nom -, et il est légitime de commettre des impairs à ce stade: fautes d'orthographe, pas assez de détails ou de vérifications, etc.
Ensuite, être une femme ne veut pas dire écrire en féministe. L'auteure a fait un essai en temps que journaliste (mot non sexué), il faut des critiques constructives pour l'aider à progresser comme tel.
Je pense également que la liberté de presse n'a rien à voir ici, il ne faut pas non plus verser dans la parano! En quoi cet article mettrait-il en danger qui que ce soit? Les noms de la victime et de son bourreau de mari ne sont pas dévoilés.
Autre point non négligeable: l'accident domestique (comme ils l'appellent) est récent, on ignore donc probablement pour le moment les suites de l'affaire. D'autant plus qu'il faut déja que la femme porte plainte contre son mari, qu'il y ait un constat prouvant qu'elle n'a pas pu se faire ses blessures elle-même, qu'on fasse éventuellement appel à des témoins pour confirmer qu'elle subit régulièrement des violences de son mari, etc.
Et nulle part, sauf si je me trompe, la journaliste n'a mentionné la banalité de l'affaire. On ne peut donc pas dire que ceci est normal. Même si je soupçonne que l'article est délivré comme fait divers...
Finalement, je pense qu'il faut aussi ouvrir les yeux sur la réalité du pays. Dans beaucoup de familles, on a très bien assimilé que le mariage c'est pour le meilleur et pour le PIRE.
Du coup, soit on se voile les yeux face aux violences conjugales et on fait mine de n'avoir rien vu ni entendu, soit on dit à la femme de supporter parce qu'elle a choisi son mari et accepté de vivre avec lui pour le meilleur et le pire, soit on arrive même à la culpabiliser en lui disant qu'elle l'a peut-être énervé ou qu'elle a fait quelque chose qui ne devait pas être bien.
La société tolère implicitement la chose, sinon on ne parlerait pas
4. Axelle | 03/23,2008
d'accident domestique, ce qui pour moi ne veut rien dire. Elle se serait brulée à la cuisine que ce serait pareil apparemment!
Je ne suis pas sûre de mon fait, mais je suis bien curieuse de savoir ce que risque son mari, juridiquement parlant... Je ne serai pas étonnée que la sanction soit: "peanuts". Et là, par contre, je pense que ça sensibiliserait effectivement la jeunesse (masculine et feminine) que le journal revienne dessus en nous informant que la femme a décidé de porter plainte, et que son mari a été condamné à une peine quelconque.
Mais là encore des problèmes subsistent: qui va nourrir la famille si seul le mari travaille et qu'il est emprisonné? que va subir la femme comme pression, de la part de sa belle-famille comme (peut-être) de sa famille? Il n'est jamais bon d'être l'épouse d'un prisonnier, et dans la culture africaine l'image est très importante. Beaucoup plus qu'on ne s'en rend compte ou qu'on ne l'imagine.
Je ne parle même pas du fait que cette femme aime peut-être son mari et qu'il faut du courage et de la témérité pour porter plainte contre un proche, sachant en plus (dans son cas) que celui-ci va démentir violemment. Comment sera affectée la vie de couple après cela? Beaucoup de préoccupations qui poussent plus d'une femme à se dire "qu'il faut supporter, c'est le mariage" (extrait d'une chanson d'un musicien camerounais, Hoigen Ekwalla, même si j'ignore s'il pensait à ça :D )
J'en ai fini. Je précise que je n'ai pas de chiffres pour affirmer ou infirmer ce que j'avance, et tout ceci n'est que fruit de ma réflexion. Je me trompe peut-être mais c'est le regard que j'ai sur la société dont je suis issue.
Sinon j'aime beaucoup ton blog, Nino. Bonne continuation. Bonne chance aussi du côté de 20mai.net.
Axelle.
5. Elisabeth | 03/24,2008
Au commentaire d'en haut: Auteur ne devrait pas avoir E à la fin!
Lisbeth,USA.
6. Claude | 03/24,2008
je suis un peu surpris de constater qu'au lieu de participer à la construction des idées, notre Lisbeth des USA vienne plutôt faire son cours d'orthographe. Je pense que, si nous n'avons rien à apporter au Blog de Nino, nous devrions faire l'effort de ne pas decourager ceux qui participent en appotant leur point de vue au forum, et non en venant lire sur les lignes pour relever les fautes des uns et des autres. Je ne dis pas qu'il faut négliger ses courriers.
Salut!
Claude, Libreville
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