Cahier d'un retour au Cameroun natal
08/29/2007
Alors, 13 jours au Cameroun, et je reviens avec pleins d'idées la tête. Alors, je livre un résumé en vrac.
J'ai pu constater moi-même que la hausse des prix est plus vertigineuse encore que les médias ne peuvent le dire. La misère pousse les camerounais à utiliser tous les moyens (corruptions, chantages,etc. inclus) pour survivre ou sécuriser le court-terme.
Sur le plan routier, il y'a une différence notable entre Yaoundé et Douala. Les télécommunications sont en plein boom et les petits commerçants (les gérants de Call-box) rivalisent d'ingéniosité pour satisfaire la clientèle et augmenter leur revenu. Le secteur de la TV est aussi en plein essor, et des chaines comme Canal2, Equinoxe Tv ou STV n'ont rien à envier aux chaines étrangères en matières d'émission. La CRTV ne peut plus être considérée comme étant une chaine de TV, si elle ne change pas, elle aura une place au musée des TVs.
Ces chaines de TV privées donnent plus la parole aux camerounais [Canal2 (ou e TV ou STV) a une petite émission qui s'appelle "Interpellation"], permettent aux PME de faire leur publicité sur les antennes TV (les prix de la CRTV étaient hors d'atteinte des PME).
Le secteur de l'éducation est en plein boom aussi; la demande est largement supérieure à l'offre. A tel point que des écoles sans autorisation ouvrent toutes les rentrées sans pouvoir juguler la demande éducative. Et malgré cela, le ministère veut les fermer purement et simplement pour une sombre histoire de taxes non payée (ah non, le problème n'est pas sur la qualité des enseignements, mais sur l'argent à payer..) alors que des milliers de jeunes n'auront pas d'éducation faute d'écoles.
Les parents ne semblent pas avoir d'argent pour préparer la prochaine rentrée scolaire, à moins d'une semaine, les achats de fournitures scolaires ne décollent toujours pas.
Je ne sais pas si la classe moyenne est encore très visible. Il ne semble subsister qu'une classe de riches nantis et une classe de pauvres démunis qui survit chaque jour. La ligne de démarcation est très épaisse.
L'insécurité règne à peu près à Douala, quand à Yaoundé, le phénomène d'agressions est moindre. Le vol à l'arraché et le vol de téléphones portables semble être une distraction nocture pour les jeunes en quête de subsistance. La Police n'est pas en reste, et il n'y a pas que les taxis à qui ces "mange-mil" rackettent de l'argent.
A côté de tous ces problèmes, il y'a des camerounais honnêtes et bien formés qui bossent vraiment bien et comme des tars, mais leur travail est dilué dans la gangrène qui les environne; hélas!
La bande passante Internet est largement inférieure à la demande en consommation. Les camerounais veulent aller sur Internet, mais la trop grande lenteur de navigation (dûe à la bande passante insuffisante) dissuadent même les plus hardis. Bien-sûr les grandes entreprises disposent de leur connexion satellite, ainsi que certaines PME spécialisées. Mais la marge de progression est énorme.
Je reviendrais sur tout ceci plus longuement dans les prochains jours. Je ne pense pas qu'un post puisse résumer tout ce que j'ai vu, lu ou entendu.