Faire du téléphone un levier de développement économique et social en Afrique
04/02/2007
Cet article vient de l'Atelier...interview du DG de Manobi, une entreprise sénégalaise qui fait dans les services télécoms à fortes valeurs ajoutées.
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Entretien avec Daniel Annerose, directeur général de Manobi,
une société sénégalaise de services mobiles et Internet pour les professionnels.
L'Atelier : Daniel Annerose, bonjour. Pourriez-vous, tout d'abord, nous préciser quelle est l'activité de Manobi et quels sont ses objectifs?
Daniel Annerose : Manobi est un opérateur et un fournisseur de services à valeur ajoutée sur réseau mobile et Internet pour les professionnels et les entreprises. Nos clients sont à la fois des petits agriculteurs ou des pêcheurs mais aussi des sociétés nationales ou multinationales auxquelles nous offrons des services de mobilité améliorant leur efficacité et leur compétitivité. Nous sommes une société africaine dont la principale base opérationnelle se trouve au Sénégal. Notre objectif est simple. En Afrique, le téléphone mobile est un secteur en très forte croissance, il y a aujourd'hui beaucoup plus d'abonnés au mobile qu'au fixe sur ce continent et on prévoit que d'ici 4 à 5 ans plus de 50% de la population de ce continent sera équipée et utilisera un téléphone mobile. Or à cette période l'Afrique sera encore à 70% rurale. Nous voulons donc transformer ce téléphone en un outil de travail et donc en faire, grâce à nos services, un levier de développement économique et social pour les populations africaines.
L'Atelier : Nous avons pu voir, lors du colloque Tech for Food, qu'un grand nombre d'initiatives étaient menées par des institutions et des organismes publics. Pourquoi n'y a-t-il pas actuellement plus de projets menés par des entreprises privées?
D.A : En matière d'aide au développement des pays du Sud et notamment africains, il y a une tradition, voire un héritage, qui encourage l'intervention du public plutôt que celle du privé. Les moyens publics sont paradoxalement plus simples à mobiliser, et les acteurs sont plus nombreux. Beaucoup d'entreprises privées se sont créées dans le secteur des nouvelles technologies en Afrique mais extrêmement peu se sont développées significativement faute d'accès à des financements locaux ou internationaux. Il n'y a pas dans la majorité des pays africains de tradition de capital-risque ou d'investissement privé d'ai