Cette pensée nous vient de Emgba Mekongo cité par Paul Fokam Kammogne dans "L'entrepreneur africain face au défi d'exister" (éditions L'Harmattan, 1993, p32):
<< Dans son vécu quotidien, l'Africain ne s'identifie ni à sa culture traditionnelle, ni à la culture occidentale qu'il prétend incarner. Le tort de l'Africain est d'avoir confondu culture et instruction.>>
Je pense en effet qu'il y'a eu des fois une énorme confusion des genres, qui emmène à une forme d'acculturation aujourd'hui. Qu'en pensez-vous ?
Connaissez-vous la première femme détective africaine? Connaissez-vous cette Miss Marple façon "Mama Africa" ?
Un zeste de recherches de détectives, quelques cuillérées de filatures nocturnes, une poignée de culture botswanaise, quelques tranches de générosité le tout arrosé de beaucoup d'humour, voilà en gros le contenu des enquêtes de Mma Ramotswe.
Vous découvrirez cette femme, Precious, la quanrantaine arrivante, aimant profondément son pays le Botswana, ne respectant que Rolihlahla Mandela, la reine d'angleterre et Sereste Khama, dont la sécrétaire Mma Makutsi était major de l'école nationale des dactylographes, et dont l'amoureux J.L.B Matekoni tient le meilleur garage de la capitale Gaborone. Grâce à l'héritage de son père Obed Ramotswe dont elle parle avec une très grande fierté, elle ouvre l'agence n°1 des dames détectives, en lieu et place d'un débit de boissons par exemple. Tout Gaborone est interloqué !
Dans ses enquêtes qu'elle mène avec bon sens, brio et beaucoup d'humanité, nul besoin de suivre les traces de mégots de cigarettes ou des pas de boue, pas besoin de constater que la calvitie naissante ne concorde pas avec le lever du soleil façon Sherlock Holmes, il suffit d'étudier la vie et la psychologie des protagonistes, et d'utiliser un peu sa perception intuitive de la nature (que les mauvaises langues appellent shamanisme) pour finalement résoudre des problèmes d'apparence inextricables, mais somme toute relativement simples. Pas de meutres sanglants ou d'héritières assassinées, juste les turpitudes du quotidien des botswanais (une femme qui veut savoir si son mari la trompe, un père qui recherche son fils enlevé par les Basarwa, deux jumeaux dont l'un est médecin et l'autre en profite aussi pour exercer, etc..). Bref, tout un programme.
En toile de fond, on surprend de temps en temps des appels à l'émancipation de la femme africaine, des appels à l'égalité des sexes et la la non discrimination. Le tout avec une surprenante déconcertion; je me suis surpris à rire plusieurs fois, sans avoir vu venir...
Le tout est extrêmement rafraîchissant et divertissant. Des enquêtes somme toutes très drôles, avec les réactions décalées de certains personnages devant les méthodes occidentales. A lire absolument pour Noël !
Je me suis rendu hier (2006-10-
28) à la seconde édition du salon "Livres d'Afrique", salon où la littérature
africaine (francophone en particulier) était à l'honneur, à
travers des conférences, des contes, des expositions, des éditeurs
présents sur leurs stands, et autres joyeusetés.
Enfin, ce n'est
pas de ça que je veux parler, mais plutôt de la remise des prix dans la
catégorie Roman et dans la catégorie
Oralité. Alors que dans la catégorie
Oralité, il me semble que ce soit le collectif Dabadjam qui
ait été primé; dans la catégorie Roman,
on a assisté à quelque chose d'assez inédit.
Le jury
a décidé de ne remettre aucun prix, le niveau des manuscrits
étant à leurs yeux, d'un niveau bien médiocre (je rapporte
juste leurs avis) par rapport au niveau de l'année
précédente. Le moment d'étonnement et d'ahurissement
passé, on se dit que cette non-remise de prix est tout un symbole. Il ne faut
pas/plus primer la médiocrité.